06/18/1933
Algiers, Algeria:
Daniel Ali Vérin (en arabe : دانييل علي فيرين), né à Alger le 18 juin 1933 et décédé en avril 2025 est un enseignant et moudjahid (combattant de la guerre de libération algérienne) . Daniel Vérin, issu d'une une famille française, grandit dans l'Algérie coloniale française. Il commence sa carrière d'instituteur au début des années 1950. Profondément attaché à sa terre natale et aux valeurs républicaines d'égalité et de justice, le jeune Daniel développe très tôt une conscience politique aiguë face aux inégalités flagrantes du système colonial fondamentalement injuste. Lors du déclenchement de la guerre d'Algérie le 1er novembre 1954, il fait un choix radical et courageux en s'engageant pleinement dans la lutte pour l'indépendance algérienne. Il refuse d'obéir à l'ordre d'appel pour le service militaire français, et en 1955-1956, il rejoint officiellement le Front de Libération Nationale (FLN), puis l'Armée de Libération Nationale (ALN). Durant cette période, il adopte le prénom "Ali", symbolisant son identification complète à la cause et à la culture algériennes. Daniel Ali Vérin rejoint ensuite les forces dirigées par Abdelhafid Boussouf, où il met ses compétences techniques au service de la révolution. Il intègre le MALG (Ministère de l'Armement et des Liaisons Générales), service de renseignement du FLN, en tant que spécialiste des radio-télécommunications. À l'indépendance de l'Algérie en 1962, Daniel Ali Vérin obtient la citoyenneté algérienne. Il part ensuite aux États-Unis comme étudiant boursier pour poursuivre des études supérieures, dans l'intention de mettre ses nouvelles compétences au service de l'Algérie indépendante. En 1965, l'ambassade d'Algérie à Washington lui refuse le renouvellement de son passeport algérien, c,ette décision coïncide avec le coup d'État de Houari Boumediene et illustre les tensions politiques qui divisent alors l'Algérie nouvellement indépendante. Ce passeport ne lui sera restitué qu'au début des années 1990, le privant pendant près de trois décennies de son identité officielle algérienne. Durant cette période, il se retrouve dans une situation particulièrement complexe : poursuivi par la France pour sa désertion et son engagement auprès du FLN, et non reconnu par l'Algérie. Face à cette double exclusion, il obtient la nationalité américaine en 1969, trouvant ainsi refuge dans ce pays d'accueil. Malgré cet exil forcé, Daniel Ali Vérin n'a jamais renoncé à son identité algérienne ni à ses convictions, continuant à suivre avec attention l'évolution politique de l'Algérie et à militer pour les valeurs qui ont guidé son engagement initial. En 2001, près de 40 ans après l'indépendance, il obtient enfin officiellement la nationalité algérienne, régularisation tardive mais significative. En 2004, l'État algérien lui accorde le statut de moudjahid (combattant de la guerre de libération), reconnaissant ainsi formellement sa contribution à la lutte pour l'indépendance nationale. En 2009, il participe à la fondation de l'Association des compétences algériennes à l'étranger (ACA) à Alger, dont il devient l'un des membres fondateurs. Daniel Ali Vérin s'est éteint en avril 2025, laissant derrière lui un héritage mémoriel et politique considérable pour l'Algérie et pour tous ceux qui luttent pour la justice et l'émancipation des peuples.
|
Daniel Ali, instituteur révolté dans l'Algérie coloniale (2012) as Self |